Jean-Luc Mélenchon et les bolivariens

Depuis la défaite de Stalingrad d’Hénin-Beaumont, Jean-Luc Mélenchon se ressource. Il a décidé pour cela de prendre de la distance en se rendant aux Amériques après un crochet par l’Espagne. Parvenu au Vénézuela pour y participer à un événement internationale dont vous n’avez jamais entendu parler, mais qui aura permis de financer le voyage sur des fonds publics, il semble s’y attarder plus que prévu, ce qui nous vaut sur son blog quelques belles envolées.

Dans un billet intitulé « No Volverán« , il raconte, je cites, un « rassemblement Bolivarien » d’Hugo Chavez auquel il a été convié, dans la ville de Barquisimeto où il s’est rendu dans l’avion présidentiel. Veuillez attacher votre ceinture jusqu’à l’extinction du signal lumineux.

J’avais l’honneur d’être assis sur le siège en face de celui au nom de Chavez. Mais il resta vide car « le commandant », comme il disent, travaillait ses fiches dans son carré privé.

Jean-Luc à eu l’honneur de s’asseoir en face d’un siège d’avion vide. Mais ne rigolez pas trop vite, il ne s’agit pas du premier siège d’avion vide venu, mais de celui au nom de Chavez, le commandant comme ils disent.

Amusante coïncidence, « el comandante » c’est aussi le surnom de l’ami Fidel. C’que c’est qu’le hasard tout d’même.

Ce qui nous attendait à l’arrivée, la télé le nommait « l’ouragan Bolivarien ! »

Je ne saurais l’affirmer avec certitude, mais en regardant les photos qui illustrent le billet, il m’a semblé voir un logo de chaîne publique sur un écran. Les spécialistes me corrigeront.

Puisqu’on parle de télévision, c’est là que je voulais en venir, savez-vous que Chavez anime quotidiennement une émission de télé, « Alo Presidente ». Inutile de traduire. Il s’agit d’un talk show diffusé sur la chaîne ViVe TV, la chaîne du « Ministère du Pouvoir Populaire pour L’information et la Communication », ça ne s’invente pas. La télévision publique au Venezuela, ce n’est pas tout à fait comme chez nous. Je crois qu’il est recordman toutes catégories du temps d’antenne.

Vous imaginez si Sarkozy avait fait ça de quels noms d’oiseaux Mélenchon l’aurait affublé !

Mais reprenons.

Je voyais sur leurs jeunes visages la lumière que j’ai vue sur celui de mes camarades (…) Jamais je n’ai vu telle ferveur politique se concentrer de telle façon dans les corps et les visages. A mi-chemin je m’aperçus que j’avais le visage en larmes. A côté de moi, Max Arvelaiz et Ignacio Ramonet montraient un visage inconnu. Le saisissement, l’effroi sacré qui nous habitait est un moment qui n’a pas ses mots pour le décrire raisonnablement.

On peut apprécier le style, mais à part ça, c’est gouroutesque.

Cette admiration qui confine à l’idolâtrie que voue apparemment Mélenchon à Hugo Chavez donne le vertige, ou la chair de poule, lorsqu’on pense par exemple à l’amitié clamée haut et fort par « le commandant » avec l’Iran et Cuba. Où encore à tous les indices, bien trop long à énumérer, qui font sérieusement douter du caractère démocratique du pouvoir exercé par Hugo Chavez depuis maintenant 14 ans et pour encore quelques années si son état de santé le permet.

Certains diront que ça pose un soucis. D’autres diront que tout ça est une manipulation des ennemis du peuple, les contre-révolutionnaire, la CIA, les capitalistes, les impérialistes… et moi je me demande si Mélenchon va nous revenir affublé d’une veste rouge que Chavez aurait pu porter et qu’il ne quittera plus jamais.

L’extinction du signal lumineux c’est maintenant.

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17 réflexions sur “Jean-Luc Mélenchon et les bolivariens

  1. Dans le même texte :

    « Partout dominait en profondeur ce superbe marron que montrent les plus beaux êtres humains. »

    Oui, oui, il s’agit bien de la couleur de la peau. La noirceur des Noirs et des non-Blancs révèle leur beauté intérieure et prouve leur appartenance à une race supérieure. Selon un communiste anti-raciste.

    1. Oh, merci de me la faire remarquer, cette petite phrase m’avait échappé, et pourtant elle est belle celle-là !

      Il aurait du se méfier du rhum. Sous le soleil des tropiques ça fait des ravages.

  2. Outre vos plaisanteries sur le style propre à Mélenchon, ce qui interpelle c’est que lors de la campagne présidentielle il n’a cessé de dire qu’il se sentait plus proche de Correa que de Chavez qu’il ne connaissait pas plus que cela.
    Si Mélenchon était capable de faire réevaluer son positionnement campiste à Chavez en matière de coalition internationale, alors il n’aura pas voyager devant le siège au nom de Chavez pour rien.
    Par ailleurs si l’actualité vénézuélienne vous intéresse je vous renvoie à ce lien : http://regards-venezueliens.info/

Ne soyez pas timides

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