Hollande, Carnet de doute, semaine #5

Du 4 Mai au 10 Juin 2012 : silence et normalité font plus que force ni que rage.

Législatives oblige, ce n’était pas le moment de heurter la moindre sensibilité et de prendre le risque de perdre des voix. Chacun au gouvernement – trop occupé à faire campagne pour avoir le temps de faire son boulot de ministre – s’est donc employé à se taire.
Et pour cause, chaque fois qu’un membre du gouvernement l’ouvre ou presque, c’est pour dire des bêtises, comme l’ont démontré brillamment Cécile Duflot et Vincent Peillon en particulier, l’une favorable à la légalisation du cannabis contre l’avis du Président, couac, et l’autre se demandant si il ne faudrait pas supprimer les notes à l’école, cédant aux sirènes des égalitaristes qui veulent détruire ce qui subsiste de l’école publique.

Jeudi, son Altesse Normalissime s’est auto-proclamée Président des bisous. C’est mignon tout plein non ? Son premier ministre et lui n’ont manqué aucune occasion d’étaler un peu plus cette fausse simplicité qui devient presque obscène. Même si ça continue à plaire aux médias, les français ne sont pas dupes de cette imposture ridicule. Ma regrettée grand-mère disait justement « la culture c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale ». C’est vrai aussi pour la simplicité.

Jeudi toujours, Valérie Trierweiler qui a décidé qu’elle continuerait à exercer son métier de journaliste à Paris-match, a choisi son titre au micro de France Inter. Elle sera « Première journaliste de France ».
Outre le conflit d’intérêt lié à sa situation personnelle, il se pose une question pratique : en cas de conflit entre Paris-match et cette collaboratrice, ça se passe comment ? On peut la licencier ?
Il est évident que madame Trierweiler jouit d’une protection dont ne bénéficie personne d’autre qu’elle. D’une protection et d’un statut privilégié, puisque, se refusant à n’être qu’“une première dame”, elle dispose néanmoins d’un cabinet de six personnes à l’Elysée et à nos frais : pour lui écrire ses articles ?
Tout ça n’est pas très simple, et encore moins « normal ».

Dimanche, c’était le premier tour des législatives. Je ne vais me livrer à une analyse de plus sur l’abstention, les résultats ou les réactions, tout a déjà été dit et redit. Je retiens pour ma part quelques motifs de satisfaction :

  • contrairement au pronostic vital un peu vite engagé par les politologues sur l’UMP, ses candidats ont fait bien mieux que résister à la dégringolade annoncée sur fond de guerre des chefs, en talonnant le PS avec un peu plus de 26% des suffrages.
  • l’élimination de Mélenchon au premier tour de la reconstitution miniature de Stalingrad organisée par le FDG à Hénin-Beaumont. Le peuple ne veut pas de ce cirque, c’est une belle leçon.

Je me joins à ceux qui s’étonnent à l’occasion de ce premier tour, bien que ça ne soit pas nouveau, de l’aberration que produit le mode de scrutin : le FDG avec 6,94% remporterait près de 20 sièges, EELV avec 6,27% une grosse dizaine, et le FN avec plus du double aurait dans le meilleur des cas 2 à 3 sièges.

Et enfin je m’inquiète de voir que le second tour devrait donner au gouvernement une majorité, il fallait bien s’y attendre, pour mettre en oeuvre son programme.
Les signaux d’alertes se sont pourtant multipliés. Encore une fois cette semaine, l’Allemagne à dit « nein » aux exigences de François Hollande, sous forme d’une humiliante leçon d’économie dont on a bien peu parlé.
Après Bruxelles, après la Cour des comptes, c’est l’inspection des finances qui lundi a demandé à l’Etat de faire des économies. Même pas peur répondent les socialistes. Ayrault nous rassure, ils ont un projet. Martine Aubry précise, il y a une grosse marge en faisant rentrer des impôts complémentaires. Le projet, c’est d’augmenter vos impôts. Simple.

Ce matin même BFM annonçait que la France pourrait demander un délai supplémentaire pour parvenir à l’objectif de 3% de déficit, ce que le gouvernement s’est empressé de démentir bien entendu.
Nous allons peut-être nous trouver plus vite que prévu dans la situation de l’Italie ou l’Espagne. C’est ce que risquent de nous coûter les promesses de changement, tout simplement.

A la semaine prochaine.

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