J’amalgame si je veux

Hier, trois jeunes juifs se sont fait agresser à proximité d’une école Juive de Villeurbanne. Dans les médias on indique prudemment ou pudiquement depuis hier que l’agression à coups de marteaux et de barres de fer a été commise par « une dizaine d’individus ». S’il s’était agit de skinheads, se serait-on contenté de les dénombrer et de les décrire comme des « individus » ? L’imprécision est un peu troublante.

Mettant fin au suspens, le Parisien précise aujourd’hui que les individus sont « Décrits comme “d’origine maghrébine” ». Avec des pincettes, mais c’est dit.

La classe politique, gouvernement en tête, a condamné « un acte insupportable » pour Jean-Marc Ayrault, « odieux » pour Najat Valaud-Belkacem, ou encore d’une « extrême gravité » pour Manuel Valls qui qualifie cette agression d' »attaque délibérée contre notre modèle républicain ».

Modèle républicain ? Mais que ne l’avez-vous défendu plus tôt !

Souvenons-nous plutôt. Au lendemain d’une soirée électorale qui n’est pas si lointaine, il ne pas s’est trouvé à gauche une seule voie, même pas un filet, pour dire que les drapeaux étrangers agités la veille Place de la Bastille, drapeaux qui n’ont rien en soi de honteux, n’étaient, peut-être, pas tout à fait à leur place à cet endroit là et à ce moment là. Pas un seul pour même s’interroger sur le sens de cette manifestation. En tous cas publiquement. Tout le contraire même, on allait tout de même pas gâcher la fête en allant se demander si ce n’était pas là un signe de rejet ou de refus d’appartenance au « peuple français ».

Où étaient-ils ce jour là les défenseurs du modèle républicain qui ne se réveillent qu’après la tuerie de Toulouse, l’agression de Villeurbanne, où d’autres événements tragiques ?

Mais Martine Aubry est allé un peu plus loin dans le concert des condamnations en déclarant que « Tout acte d’antisémitisme, tout acte de racisme doit être condamné ». Vous avez bien lu, il y aurait, peut-être, de l’antisémitisme ailleurs qu’à l’extrême droite, et peut-être même dans la communauté d’origine maghrébine. J’ai bien dit peut-être.

J’aimerai pouvoir dit qu’ils ont ouvert les yeux, mais je crains malheureusement que non, où qu’ils vont très vite les refermer pour continuer à ignorer cette réalité qui n’est pas rose. Pas rose du tout. Parce que cette condamnation les fait bien rire les agresseurs d’hier et de demain. Il s’en moquent. Pire encore, pour eux c’est un discours sioniste de plus, qui ne justifie que davantage le repli communautaire et leur détestation des juifs, l’ennemi des « frères » palestiniens dont ils se sentent au moins aussi proche que de leurs « cousins » français.

La première chose à faire pour résoudre ce problème de tensions communautaires ce n’est pas de prêcher pour une société plus juste. C’est d’arrêter de se cacher derrière son petit doigt et de reconnaître qu’il y a bien un problème.

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Une réflexion sur “J’amalgame si je veux

  1. « Une criminalité transfrontalière en provenance de l’Hexagone, composée avant tout de Français d’origine maghrébine, touche notamment les cantons de Genève, Vaud, Neuchâtel et Jura. » : voici ce qu’on peut lire sur la presse suisse qui, elle, ne pratique pas la langue de bois. A vouloir tout cacher, la presse française cause son tort et le nôtre, surtout…

Ne soyez pas timides

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