Hollande, carnet de doute, semaine #3

Du 20 au 27 Mai 2012 : les voyages forment la jeunesse

Cette semaine, pendant que la patron était en pleine séquence internationale, le nouveau gouvernement a connu des jolis cafouillages, et Corto74 a fait tout le boulot en les racontant dans son billet « Bordel en Socialie« , à lire.

Montebourg a été très présent. Il a dû subir l’humiliation de ne pas avoir le bureau qu’il voulait piquer à Cahuzac au 5ème étage à Bercy. Mercredi, il est condamné, en première instance, pour des propos injurieux, mais pas démissionné pour cette « affaire à un euro« . Et puis finalement il a commencé à faire du redressement productif. Ou plus précisément, avec les premières annonces de plans sociaux, à faire le pompier de service.
C’était son baptême du feu, son bizutage si vous préférez, mais on à fait attention à ce que ça reste correct.

Yamina Benguigui s’est fait remarquer aussi. A cannes. Elle s’y était rendu pour la réunion d’un fond panafricain pour le cinéma et l’audiovisuel. La réunion a été annulée. Pas de chance. Elle a alors affirmé selon le Canard Enchaîné qu’elle restait à titre privé et payait elle-même sa facture au Martinez, comme chaque année pendant le festival. Bon si c’est privé et que ce n’est pas l’Etat qui paye, ça va alors. J’espère qu’on sera informé des modalités de retenues sur son salaire de ministre de ce déplacement privé.

Du côté de Valérie Trierweiler, on s’organise. La First Girlfriend n’a officiellement aucune fonction et aucun rôle. Mais pour bien le faire elle a constitué son cabinet. En bonne et due forme : six personnes, avec un Directeur, digne d’un ministre. C’est vous qui les payez. Ca fait cher pour tenir un agenda.
J’imagine déjà le brûlot que va nous sortir Edwy Plenel sur le sujet, il va y a voir du sang sur les murs. Mais ça ne vient pas vite quand même.

Pendant ce temps là, le candidat entrant portait la parole de la France tous azimuth, de Camp David à Kaboul en passant par Chicago et Bruxelles. Grosse semaine. Omniprésent dans les médias, à tel point qu’on aurait pu croire qu’il nous faisait son Sarkozy.
J’ai adoré les commentaires du type « Ses premiers pas internationaux se sont bien passés » qu’on a vu un peu partout. Mais ils s’attendaient à quoi les commentateurs ? Une déclaration de guerre dans la semaine ?
On aurait presque dit qu’on venait d’élire un « âne avec une rose dans le poing » comme dit Martine Aubry (pas à propos de l’autre naze d’Ayrault, à propos du président) et qu’on s’attendait à ce qu’il nous foutre une merde internationale en 24 heures chrono que même Jack Bauer ne pourrait rien faire.

Ca a été l’occasion d’assister à une jolie valse hésitation sémantique. Visiblement, François Hollande n’a pas encore bien décidé comment il allait parler au nom de la France.
Au G8 c’était « je ». « Je voulais, je disais, je retiens, je réaffirme… »
A l’OTAN, c’était « nous ». « Nous constatons, nous considérons, nous étions attendu… »
A Bruxelles, c’était à nouveau « Je ». « J’ai proposé, j’ai insisté, j’ai voulu… ».
J’aimerai bien qu’un psy se penche là dessus. Enfin nous aimerions bien.

A Bruxelles donc, on a parlé croissance lors d’un sommet informel avant lequel Angela Merkel a ignoré notre Président dit-on, ça jette un froid. Le sujet des eurobond a comme prévu cristallisé le désaccord, profond. Point de départ pour lui, c’est, dans la version la plus favorable, un aboutissement pour les Allemands. C’est pas gagné, mais il faut jouer la montre pour ne pas renoncer avant les législatives, ça la foutrait mal.
Lors de la conférence de presse qui a suivi cette rencontre, François Hollande a déclaré n’être « informé d’aucune simulation par je ne sais quel groupe ou sous-groupe de ce que pourrait provoquer une sortie de la Grèce de la zone euro » et que « nous ne menons pas directement pour la France ce type d’hypothèse« . Plutôt inquiétant.
Il paraissait fatigué devant les journalistes. Il faut dire qu’il était 1h30 du matin, après 5 heures de discussions au cours desquels il a précisé s’être exprimé brièvement alors que d’autres prenaient la parole très longuement, je cites de mémoire, « Allez savoir pourquoi« . Traduisons : ils n’ont rien d’intéressant à raconter, et ça leur prend des plombes. Les cons ! Les diplomates apprécieront, et les intéressés aussi.

Peut-être que finalement il va nous foutre une merde internationale vite fait bien fait. Mais ça aura pris au moins une semaine bande de mauvaises langues.

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